Modernisation et nouvelles formes de mobilisation sociale. Volume II : Égypte-Turquie

Mettre en doute les images réciproques héritées et relativiser à l’aune des spécificités les effets d’une commune appartenance au monde de l’islam. Du coup, c’est bel et bien au cœur d’une démarche comparative « classique » qu’on s’est retrouvé. C’est précisément contre l’évidence des termes de la comparaison, de ses cases pour ainsi dire, qu’il fallait redoubler d’exigence, pour éviter les explications à l’emporte-pièce, les parallélismes douteux, tout en prenant acte et de la profondeur historique et des aléas de la proximité. En effet, aux objets de la comparaison en tant que tels, identifiés au sein de chacune des deux sociétés concernées, s’ajoute la dimension relative aux rapports que les deux sociétés entretiennent avec leur histoire commune. Rapport dont la double inscription dans le temps et l’espace ne peut que s’imposer à qui cherche à mettre face à face l’Egypte et la Turquie. Ne serait-ce que parce que l’acte fondateur des deux États-Nations est le même : le démantèlement de l’empire ottoman. Partir de là permet de mieux repérer les expériences contrastées, la construction des images réciproques et de mieux comprendre selon les termes d’Elizabeth Picard que « la Turquie servait de repoussoir à tout ce que les Arabes redoutent pour leur propre futur et les pays arabes de repoussoir à un passé auquel beaucoup de Turcs veulent échapper ».

Book details

Publication date
June 29, 2015
Publisher
Collection
ISBN
9782905838612
Paper ISBN
9782905838278
File size
1.68 MB